Les bazars de Noël en Alsace

La vie est un enfer pour les riverains qui piétinent dans les rues du centre encombrées de touristes. Les visiteurs ne s’intéressent pas au patrimoine de la ville mais aux kitscheries accrochées sur les façades des maisons historiques. Les commerces décorés avec goût sont une minorité. Le tourisme de masse génère des emplois précaires. L’économie s’écroule lors des pandémies. C’est une catastrophe pour l’Alsace et ailleurs.

LA FÉERIE ET LA MAGIE DE NOËL SONT DES MYTHES

À l’origine, au marché de Noël étaient vendus des articles locaux pour fêter la naissance du Christ : des couronnes de l’Avent, des bougies, des boules de Noël, des guirlandes, des crèches, des poteries de Betschdorf et Soufflenheim, des pains d’épices ainsi que tout ce qui est utile pour confectionner les Bredele. Les marchands de sapins avaient leur place au centre ville, le soir du 24 décembre, ils donnaient leurs sapins invendus aux gens modestes qui attendaient la fermeture du marché. Les touristes étaient rares. Les commerces étaient décorés de branches de sapin et de boules.

Trop rares sont les façades décorées dans l’esprit de Noël
Le Christkindelsmärik (Marché de l’enfant-Jésus) de Strasbourg vers 1900

CACHEZ CE JÉSUS QUE JE NE SAURAIS VOIR

L’esprit de Noël a disparu, à Strasbourg le multiséculaire « Marché de l’enfant Jésus » (Christkindelsmärik) a été rebaptisé « Marché de Noël ». Il y a quelques années sa pancarte a été supprimée puis réinstallée (après réclamations des habitants), entre deux horribles « cannes sucre d’orge » du folklore américain. Le Père-Noël s’est incrusté pour remplacer l’Enfant-Jésus. Sous prétexte de ne choquer personne et que la France est un pays laïc, tout ce qui rappelle le christianisme et l’esprit de Noël est jeté aux oubliettes dans certaines villes. Les crèches et les musiques de Noël sont les malvenues. Il est utile de rappeler que les marchés de Noël existaient bien avant l’annexion de l’Alsace par la France.

BAZARS DE NOËL POUR TOURISTES

Les villes sont transformées en horribles parcs d’attractions, de nombreuses maisons dégoulinent d’horribles kitscheries pour plaire aux touristes. Dans les baraques on trouve tout et n’importe quoi, du meilleur au pire, du bon vin chaud comme de la piquette. De nombreux magasins utiles ont été remplacés par des boutiques pour touristes. On y trouve même des fausses poteries alsaciennes fabriquées en Chine et présentes sur les tables de certains restaurants. Par contre, il faut faire des kilomètres pour acheter un tournevis ou un pot de peinture.

L’ENFER DES RIVERAINS

La moindre émission de télévision peut modifier la tranquillité des habitants d’une cité. Des hordes de touristes encombrent les villes qui étouffent, la vie est infernale pour les riverains : il y a beaucoup trop de monde et de bruit dans les rues piétonnes, des embouteillages sur les routes d’accès, des problèmes de stationnement et aussi des pickpockets qui profitent de l’aubaine.

BAZAR DE COLMAR

La centre historique de Colmar est trop exigu pour accueillir 1,2 million de visiteurs en cinq semaines. En comparaison, Europa-Park n’accueille que 6 millions de visiteurs par an (chiffre officiel 2022). En cas d’incendie, les pompiers sont dans l’impossibilité d’intervenir rapidement dans cette marée humaine. En cas de panique, des touristes seront piétinés. Il est impératif de transférer le marché de Noël de Colmar au Parc-expo pour libérer la ville.

MARCHÉS DE NOËL AUTHENTIQUES

Certaines cités alsaciennes organisent de magnifiques marchés de Noël chaleureux et décorés avec goût. Toute la population participe à la mise en valeur du village. L’ambiance y est féerique grâce à la musique de Noël. La crèche de Noël est mise en valeur. Par respect pour leurs habitants, il est hors de question d’en donner la liste.

EFFETS PERVERS DES MARCHÉS DE NOËL

Décembre devrait être le meilleur mois de l’année pour les commerces traditionnels du centre-ville. Ils sont difficilement accessibles à cause de la foule et des camelots. Ils sont en danger parce-que la clientèle habituelle les abandonne pour aller dans les zones commerciales.

De nombreux logements sont transformés plus ou moins discrètement en locations saisonnières, parfois ce sont des immeubles entiers. Il n’y a souvent aucune pancarte dans la rue. Les locations saisonnières sont facilement repérables grâce valises à roulettes, parfois tirées par des prostituées ainsi qu’aux automobiles venues d’ailleurs, qui encombrent les rues.

Un logement transformé en location saisonnière est une nuisance pour les voisins, bruits, porte d’entrée non verrouillée la nuit. Quand les touristes ont accès aux jardins situés à l’arrière des bâtiments, c’est encore pire : barbecues et beuveries tard dans la nuit, vols de légumes et crottes de chiens dans les potagers privés. En plein été, il faut fermer ses fenêtres à cause des fumées de barbecues et des braillements.

La population a de plus en plus de mal à se loger en ville, le prix des loyers est à la hausse. Le nombre d’habitants diminue, des salles de classe ferment. La pression immobilière augmente, des terres agricoles sont loties. Des promoteurs immobiliers sans scrupule détruisent des maisons anciennes à colombages pour les remplacer par d’horribles cubes d’habitation.

MIROIR AUX ALOUETTES

Le tourisme de masse qui ne profite qu’à une minorité, génère des emplois précaires. Le château de sable s’écroule en cas de pandémie comme en 2020 et 2021.


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