1918 : Cartes d’identité discriminatoires

C’est l’armée française qui est à l’origine des cartes d’identité discriminatoires attribuées en 1918 aux citoyens du Land Elsaß-Lothringen. Le pays occupé vit sous un régime de dictature militaire. Tous suspects, les habitants n’ont pas le droit de quitter les limites du territoire. La presse française parle d’Alsace-Lorraine libérée.

ÉPURATION ETHNIQUE

Pour exécuter ses basses-œuvres, l’armée se sert des fiches domiciliaires rédigées en mairies depuis 1883. Ces cartes d’identité permettront d’expulser manu-militari toutes les personnes considérées comme indésirables : hommes femmes et enfants, souvent établies dans la région depuis plusieurs générations.

EXPULSIONS-8.12.19182

1919 : Chasse aux Vieux-Allemands

DÉCLARATION DE RÉSIDENCE ET DE SÉJOUR

 Un arrêté pris par les généraux commandant les armées françaises en Alsace et en Lorraine ordonne qu’avant le 24 décembre il sera établi par le soin des maires une liste de toutes les personnes domiciliées ou résidant dans la commune.

Les déclarations souscrites par tous les intéressés contiendront, outre les nom et prénoms des intéressés, leur date et lieu de naissance, la date et le lieu de naissance de leurs père et mère, leur profession, l’indication de leurs résidences successives depuis le 1er août 1914, de leur nationalité actuelle, et le cas échéant, de leur nationalité d’origine.

Il sera ensuite délivré, dans le plus bref délai possible, par le maire ou le commissaire de police à toute personne âgée de plus de 15 ans et résidant dans la commune, une carte d’identité avec signalement portant notamment l’indication de son lieu de naissance et du lieu de naissance de ses père et mère.

Ces cartes seront différentes pour les quatre classes de personnes

A – Les Français et les personnes nées en Alsace-Lorraine dont les père et mère étaient eux-mêmes d’origine française.

B – Les personnes nées en Alsace-Lorraine dont les deux ascendants n’étaient pas d’origine française.

C – Les citoyens ou sujets étrangers.

D – Les sujets allemands, austro-hongrois, turcs et bulgares.

Les cartes délivrées aux chefs de famille indiqueront le nom et l’âge des enfants de moins de 15 ans vivant sous leur toit.

Les personnes rentrant dans la catégorie A (Français d’origine), munies de leur carte d’identité, peuvent circuler librement par tous moyens autres que l’automobile ou la motocyclette, dans toute l’étendue du territoire libéré de l’Alsace et de la Lorraine, à l’exception de la zone spéciale longeant la frontière suisse et le Rhin.

Les personnes rentrant dans les catégories B et C, munies de leur carte d’identité, peuvent circuler librement par tous moyens autres que l’automobile ou la motocyclette, dans le cercle où elles résident et dans les cercles limitrophes.

Les personnes rentrant dans la catégorie D, munies de leur carte d’identité, peuvent circuler librement par tous moyens autres que l’automobile ou la motocyclette, dans la commune où elles résident.

Aucune réunion, aucune représentation, aucune assemblée, de quelque nature qu’elle soit, ne peut avoir lieu sans une autorisation de l’autorité militaire et sans que le programme en ait été approuvé.

Les journaux, livres, brochures, placards, affiches, cartes postales, dessins, et d’une façon générale toutes les publications quelles qu’elles soient, ne pourront être imprimés, publiés ou distribués qu’après examen par l’autorité militaire locale.

Source : Le Temps du 18/12/1918

FD RICHTER BERNHARD (2) - Copie

FICHES DOMICILIAIRES

Les fiches domiciliaires établies en mairies depuis 1883. Elles ont de toute évidence été utilisées pour établir les cartes d’identité discriminatoires françaises. Un tampon rouge ÉTRANGER a été apposé en 1918 sur les fiches de familles considérées comme suspectes par l’armée. Les Alsaciens-Mosellans mariés avec des personnes originaires d’autres Länder étaient suspect.

Les généraux français sont forcément informés de l’existence de ces fiches par un traître alsacien. Qui ? Peut-être Jean-Jacques Waltz, dit Hansi qui ne faisait pas que des caricatures de « Boches » durant la guerre.

En novembre 1914, Jean-Jacques Waltz s’engage dans l’armée française pour la durée de la guerre. Sa fonction : interprète. Un mois plus tard, il est décoré de la Légion d’honneur pour ses bons et loyaux services.

En novembre 1918, Waltz est nommé officier-interprète du général gouverneur militaire de Strasbourg. C’est-à-dire qu’il participe aux interrogatoires des citoyens du Land Elsaß-Lothringen. Son poste sera maintenu le 11 octobre 1919.

Les différentes nominations de Waltz sont citées dans le Journal officiel. 

 

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