Histoire falsifiée : le langage des Alsaciens

L’Alsace était à jamais perdue pour les Romains. Les Francs s’établirent dans tout le pays. Il faut croire que c’est à ce moment-là que l’usage de la langue allemande se répandit dans la plaine d’Alsace, car dans les vallées des Vosges on continua longtemps à parler la langue gauloise ; aujourd’hui encore, on y parle une langue dérivée du latin et du celtique : ces habitants des vallées sont la preuve vivante et irréfutable qu’à l’origine la langue gauloise était la langue de tous les Alsaciens.[1]

Malgré leur patois germanique, les Alsaciens peuvent se réclamer à bon droit de la race latine. Les légions romaines séjournèrent dans leur pays plus longtemps que partout ailleurs. Les Francs en firent la conquête. Nos rois y possédaient des terres. Et, rien ne se passa plus simplement que le retour de l’Alsace à la France, en 1648. Si la fusion de l’Alsace avec la France fut si rapide et si aisée, c’est qu’il y avait unité de race. On peut regretter aujourd’hui que les différents gouvernements qui se sont succédés en France n’aient rien fait pour hâter l’unité de la langue.[2]

« Le dialecte actuel, archaïque et ne répondant guère qu’aux besoins courants de la vie ou à certaines habitudes gouailleuses, est né essentiellement des guerres sans fin et des contacts constants avec l’ennemi. Les Francs parlaient un idiome germanique. Du reste, dans tous les pays, frontières, il s’établit un chevauchement de langues. Le patois alsacien a la valeur d’un langage acquis. »[3]

Au cours de ce dix-neuvième siècle, l’Alsace s’est fondue de plus en plus dans la France. Ses savants, qui d’abord ont écrit en allemand et en latin, puis en allemand et en français, n’écrivent plus qu’en français. Le français est désormais la langue de toute la bourgeoisie, celle du commerce ; il se répand dans les campagnes ; les livres que demande la jeunesse aux bibliothèques populaires créées par Jean Macé, sont des livres français. En 1870, tout Alsacien, même dans les villages, comprend le français et commence à le parler. Encore quelques années, tout Alsacien eût couramment parlé français, et par les efforts qu’il fait pour l’apprendre, le plus humble des villageois veut témoigner son attachement à la mère-patrie.[4]


[1] L’Histoire d’Alsace racontée aux petits enfants par l’Oncle Hansi (septembre 1912)

[2] KRUMHOLTZ Charles : La vérité sur les sentiments des Alsaciens-Lorrains (1917)

[3] Professeur KUNSTLER, de Bordeaux (d’après Krumholtz)

[4] PFISTER Christian :  Comment et pourquoi l’Alsace s’est donnée à la France (1919)

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