Lettre au cousin

La lettre au cousin, traduction littérale de l’alsacien en français est un jeu d’esprit.

L’alsacien est une langue riche et pleine de saveurs, aux mots à multiples sens. La traduction littérale d’un banal texte alsacien donne un résultat digne des Surréalistes. Exemple : Griess = souhaits & semoule.

Tout comme le cabaret satirique alsacien jonglant avec les mots et les langues, la lettre au cousin fait partie de notre patrimoine humoristique. Elle date d’après-guerre et anime les fêtes de famille.
Une personne lit le texte en traduction française littérale que l’assemblée traduit en alsacien et en français correct. Fous rires assurés.

La lettre originale en alsacien se trouve sous celle en traduction française littérale.

Mon cher cousin
Je veux de nouveau laisser entendre quelque chose de moi pour que tu sois dans l’image, car j’ai beaucoup de neuf à t’envoyer. Enfin j’ai reçu un homme. Le haut-temps a eu lieu avant quatorze jours. Monsieur le curé nous a donné ensemble et nous a posé au cœur de bien tirer nos enfants quand nous en aurons, car plus tard on verra tout de suite ceux qui ont reçu un bon élevage.Le manger du haut-temps était très bon. Nous avions de la soupe aux pommes de terre, du poivre de lièvre avec des nouilles vapeur, du jambon de paysans avec de la salade gueule de bœuf. Comme dessert, du fromage de cathédrale, des cerises de cœur et du café de haricots. Puis nous avons dansé toute la nuit avec de la musique en fer blanc accompagnée sur une aile. Nous nous sommes rigolé à moitié bossu. Car à la fin nous en avions tous un debout.Mon homme n’est pas toujours un ange de maison, comme je l’avais cru avant. Que veux-tu ! Le monde est plein de vertiges, je me demande si en me mariant je n’ai pas tiré un bouc. Mais c’est fait, et j’essaie de me battre à travers.La semaine dernière, j’ai eu un petit accident. Comme il y avait un orage dans le costume, j’ai voulu descendre du premier bâton dans la cuisine quand la lumière est sortie, l’assurance avait sauté. Je suis tombée sur le derrière. Alors le docteur m’a mis un pavé dessus. Il a dit que j’avais eu du cochon et que j’aurais pu me casser la croix.Puis mon bonhomme est devenu malade, il était bouché. Alors je lui ai donné un chrétien-taureau. Pendant deux jours il a eu la course de travers. C’est bien fait pour lui. Quand j’étais tombée, il m’a ri dehors.Une nouvelle pour toi : comme je suis dans d’autres circonstances, je viendrai bientôt dans le lit de semaine. Alors tu pourras devenir parrain. Comme nous ne sommes pas encore longtemps mariés, les gens disent que nous avons travaillé devant, ils ne savent pas que pour la première fois cela va plus vite. Mais je les siffle plein.Je te quitte cher cousin en t’envoyant beaucoup de semoule.

Min liewer Vetter,
Ich will wieder ebs von mir here lon damit dü wieder im Bild bisch, denn ich hab Dir viel Neies zü schicke. Ich hab endlich e Mann bekomme. D’Hochzit isch vor 14 Da gsin. De Herr Pfarrer hät uns zsammegehn und hät uns ans Hertz geleijt unsri Kinder güt zü ziehe, wenn wir kreje; denn später kan man sofort die erkenne die e güedi Erziehung bekomme han.
Es Hochzitesse war sehr güt. Es hät Grumbeersupp, Hasepfeffer und Dampfnüdle, Büreschinke mit Ochsenmülsalad gehn. Als dessert hät es Münsterkäs, Hertzkirsche und Bohnekaffee gehn. Dann han mir die gantze Nacht gedanzt mit Blechmüsik und of e me Fliejel begleit. Wir han uns halb schief gelacht. Züm Schluss han mir alle einer stehn geht.
Min mann isch nit immer e Hüsengel, wie ich es gelabt hab. Was wit ! D’Wellt isch voller Schwindel, ich froej mich ob ich nit a Bock geschosse hab mit de Hirot. Es isch gemacht, ich versuech mich durichzüschlawe.
D’ letschde Woch hab ich e kleiner Unfall geht. Do e Gewitter im Anzug war, bim erschde Schla hab ich nunder d’Kische gewillt, do isch es licht üsgange, d’Sicherung isch gesprunge. Ich bin of d’Hindre gfalle. Dann hät mir de Dokter e Plaschder ufgelejt. Er hät gesajt ich hab Schwin gehät denn ich hät mir kenne’s Kritz breche.
Dann isch minner Mann krank woche : er isch verstopft gsin. Da hab ich ihm e Christstier gehn. Während zwei Daa hät er Durichfall geht. Es isch güt fier ne gsin. Wie isch gefalle bin, hät er mich üsgelacht.
E Neuichkeit fier dich : do ich in andre Umstände bin, wir ich bald ins Wochebett kumme. Dan kansch dü Pfetter wäre. Do mir nit lang genüg verhirot sin, wäre d’Lit sawe das mir vorgeschaft han, sie wisse nit dass es bim erschde Mol schneller geht. Awer ich blos sie voll !
Ich los dich, liewer Vetter, in dem ich dir viel Griess schik.

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