La convention de La Haye du 18 octobre 1907, reconnue par la France en 1910, interdit à tout belligérant d’obliger les ressortissants du pays adverse à se battre contre ce dernier. De ce fait, les citoyens du Land Elsaß-Lothringen engagés de gré ou de force dans l’armée française n’ont pas le droit de participer aux combats sanglants durant la guerre de 1914/18. La plupart des engagés, soit 5700 militaires, font partie des régiments de Zouaves en Algérie. Quelques autres sont envoyés en Indochine, d’autres sur le front Ouest. Profitant du fait que les Alsaciens-Lorrains ne comprenaient pas le français, certains officiers peu scrupuleux leur ont fait signer des engagements dans des régiments combattant en France. D’autres fois, des commandants germanophobes, sourds aux ordres reçus, envoyaient à la boucherie des Alsaciens-Lorrains.
En 1915, devant Mareuil Louis-Victor Marchand (32 ans) né à Richemont près de Metz a refusé de combattre ses compatriotes. Son commandant l’a fait assassiner sur place d’une balle dans la tête, malgré l’ordre de retirer du front les soldats alsaciens-lorrains. Louis Victor Marchand sera réhabilité par la cour d’appel de Nancy en février 1928. Il semble que son commandant n’a pas été inquiété.
LE ZOUAVE MARCHAND EST RÉHABILITÉ
Nancy, 5 février 1928
La Cour d’appel de Nancy a réhabilité la mémoire du zouave Marchand, originaire d’Alsace, exécuté sommairement en février 1915 par son commandant, parce qu’il avait refusé de monter en ligne, l’ordre étant arrivé de retirer du front les soldats alsaciens et lorrains. La Cour a accordé à la famille de Marchand 10 000 francs de dommage et intérêts.

