9/12/1918 : Visite de Poincaré à Strasbourg

Situation de Strasbourg

La ville comme toute le Land Elsaß-Lothringen est occupée et vit sous un régime de dictature militaire. Pour mémoire, le Gouvernement allemand a accordé son indépendance à l’Alsace-Lorraine le 13 novembre 1918 [1] et que le droit des peuples préconisé par le président Wilson n’est pas respecté.

 Près de 3000 Felgrauen strasbourgeois sont morts à la guerre dont 2300 sur le front français. On dénombre le double de blessés et de mutilés. La plupart des familles sont affectée. Il est tabou de dire que les Alsaciens et les Français se sont entretués. Poincaré infantilise les Alsaciens en parlant de mère retrouvée.

La libération de la ville est un mythe puisque l’armée française a occupé la ville le 22 septembre, après le départ de l’armée impériale. Afin d’éviter toutes manifestations d’hostilité, les défilés ont eu lieu avant le retour des Feldgrauen alsaciens, libérés le premier décembre. Ceux arrivant avant la visite présidentielle sont arrêtés et séquestrés au fort de Kehl.

Depuis le début de la guerre, la France vit sous un régime de censure militaire. Les reportages sont interdits sur le lieu des opérations. Les photos sont prises par l’armée, le gouvernement rédige des communiqués de presse mensongers, repris et enjolivés par les journaux. Ceux-ci racontent que les discours sont longuement applaudis par la population. Rares sont les Alsaciens qui comprennent le français.

Les seules sources fiables sont celles du « Freiburger Zeitung[2] »et de la presse suisse qui ont des correspondants locaux échappant à la censure militaire.

Lors de sa visite à Straßburg, Poincaré lit des discours que peut d’Alsaciens comprennent. Ils sont destinés à la presse française aux militaires  et à ses alliés afin de faire croire que le vœu le plus cher des Alsaciens est de devenir français. Poincaré raconte une histoire partisane et mensongère de l’Alsace inventée par le sevice de propagande.

Poincaré accompagné de Clémenceau, sont invités par les députés au Landtag. « Ces boches, je ne les salue pas » déclare Clémenceau.

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Discours de Poincaré à la gare de Strasbourg [3]

Le Président de la République est reçu à la gare par le francophile maire Peirotes, la municipalité, les ministres, les sénateurs et députés, les maréchaux, les commandants en chef alliés. Le maire lui souhaite la bienvenue, en lui remettant les clefs de la ville. Le Président de la République répond par le discours suivant :

Monsieur le maire, Soyez sûr que la France, qui reçoit de vos mains, les clefs de la ville de Strasbourg, les tiendra en bonne garde et ne les laissera jamais reprendre par personne. A l’horloge de Schwilgué, ce n’est plus la mort qui va sonner les heures c’est la justice ressuscitée. De la flèche de votre cathédrale, les couleurs françaises avaient été abaissées le 27 septembre

1870, huit jours après l’héroïque entrée de votre dernier préfet, Edmond Valentin ; elles ont été hissées de nouveau pour le 23 novembre 1918. Ceci venge cela, et la dernière date efface la première.

Pendant quarante-huit ans, l’Allemagne a pu camper dans Strasbourg, comme une étrangère de passage. Elle n’y a jmais été chez elle; et le jour où elle s’en éloigne pour n’y plus revenir, elle est elle-même stupéfaite de constater que ses longs efforts de conquête et d’assimilation n’ont pas réussi à y changer « le cœur de place».

Strasbourg est restée ce qu’elle a toujours été, la grande ville au cœur fervent et passionné, familiarisée par les siècles avec le droit et la liberté. Elle est restée ce qu’elle était jadis, lorsqu’elle opposait résolument au Saint-Empire des franchises municipales et des droits traditionnels qui, dès cette époque, la protégeaient contre la domination germanique et l’apparentaient à l’esprit français.

Elle est restée ce qu’elle était, lorsque, Pendant plus de quatre cents ans, ses habitants, fiers de son prestige et de sa renommée, consacraient leurs offrandes à la construction et à l’embellissement de la cathédrale, sans se laisser détourner de cette œuvre de patience et de piété communale par la marche du temps, le bruit des guerres ou la chute des trônes.

Elle est restée ce qu’elle était, lorsque trente-huit ans après le traité de Westphalie elle a confié son sort à la France et accepté la souveraineté de Louis XIV; lorsqu’elle enseignait au plus humain des Allemands, à Goethe, l’élégance et l’harmonie latines; lorsqu’elle célébrait, en 1700, la fête de la Fédération et plantait au bord du Rhin, face à l’Allemagne, le Premier drapeau tricolore avec cette inscription : « Ici commence le pays de la liberté» ; lorsque, le 26 avril 1702, dans le cabinet de Dietrich, Rouget de Lisle composait l’hymne qui allait s’appeler la Marseillaise et résonner à tous les échos du monde; lorsqu’en 1840, la ville élevait à Kléber, en témoignage de reconnaissance pour l’illustre soldat et d’admiration pour la grandeur française, la statue qui a silencieusement représenté, pendant l’occupation allemande, la résistance indomptable du peuple strasbourgeois.

Ces jours derniers, lorsque j’ai reçu l’émouvante adresse de vos étudiants alsaciens et lorrains, je me suis rappelé ces nuits de tristesse grave et d’espérance muette où ils défilaient lentement, chapeau bas, sans un mot, devant le héros de Mayence et d’Héliopolis, comme pour le prendre à témoin de leurs pensées secrètes et de leurs inébranlables volontés, Cérémonies dont la simplicité grandiose portait elle-même la marque française et remplissait l’envahisseur d’étonnement, de malaise et d’inquiétude.

Aujourd’hui, ce sont les soldats de la mère patrie, c’est le Gouvernement de la République, c’est la représentation nationale qui accomplissent, au grand jour, devant la statue de Kléber, le rite imaginé aux heures de servitude, par la vaillante jeunesse d’Alsace et de Lorraine ; et tous, d’un même cœur, nous pouvons crier maintenant: « Vive Strasbourg ! Vive l’Alsace ! Vive la France ! »

Discours de Poincaré sur le perron de l’hôtel de ville

Le plébiscite est fait. L’Alsace s’est jetée, en pleurant de joie, au cou de sa mère retrouvée. Avant même que l’armistice fût signé, l’amour, si longtemps comprimé, des populations pour la France avait éclaté dans des démonstrations émouvantes. Des prisonniers français avaient été délivrés; des drapeaux tricolores, sortis de retraites inconnues, avaient subitement égayé la façade de vos maisons; des comités s’étaient formés, parmi vous, pour recevoir et fêter les soldats victorieux. Le jour où les troupes allemandes ont commencé leur évacuation forcée, vos municipalités, vos élus, vos associations, vos vétérans, votre jeunesse, tous ont envoyé, d’un même cœur, à la France, des témoignages de leur dévouement et de leur fidélité. Au moment enfin où arrivent parmi vous le Gouvernement de la République et la représentation nationale, c’est dans toute l’Alsace un frémissement et un enthousiasme qui exprime, avec une évidence irrésistible, l’unanimité du sentiment populaire. 

Certes, pour connaître vos aspirations et vos vœux, la France n’avait pas besoin de ce referendum spontané et de ces splendides manifestations. Elle n’a jamais douté de vos coeurs et les années qui passaient ne lui avaient rien enlevé ni de sa foi, ni de ses espérances.

Mais il est bon qu’aux yeux de nos amis et de nos alliés, l’Alsace se soit  immédiatement montrée telle qu’elle est. Les vaillantes nations qui ont combattu à nos côtés ne pouvaient être aussi exactement renseignées que nous sur la ténacité de vos affections. Elles avaient le désir de nous croire, mais elles étaient un peu inquiètes. Elles ne savaient pas. Un si long temps s’était écoulé depuis que l’Allemagne vous avait arrachés aux bras de la France vaincue ! On avait usé vis-à-vis de vous de tant de menaces et de tant de promesses !  Le cœur humain est si faible et l’absence appelle si vite l’oubli ! Bref, au fond d’eux-mêmes, quelques-uns de nos amis, Anglais, Américains, Italiens, conservaient des hésitations et des doutes et se demandaient si la France, aveuglée par son affection et ses souvenirs, ne se laissait pas un peu égarer par l’illusion. Les voilà maintenant rassurés. Ils ont vu; ils ont entendu; ils ont constaté par eux-mêmes que l’Alsace est aussi française que la Bretagne, la Provence ou la Touraine.

Il n’est pas mauvais non plus que l’écho de vos joyeuses acclamations ait frappé les oreilles allemandes. Si nous ne voulons pas, vous et nous, d’autre plébiscite que celui-ci, ce n’est pas que nous redoutions aucunement les surprises d’un scrutin; c’est que nous n’entendons pas subordonner à une consultation quelconque des droits qui sont inconditionnels, imprescriptibles et sacrés. Mais il nous plaît que l’Allemagne sente elle-même, dès aujourd’hui, la vanité de l’entreprise qu’elle a tentée sur vos consciences. Elle peut mesurer ici l’étendue de son échec. Elle s’est figuré vous avoir conquis, convaincus, convertis. A peine a-t-elle plié bagage que, derrière elle, l’oeuvre d’un demi-siècle gît renversée sur le sol, comme les colossales statues de ses héros éphémères.

Si grossières que soient souvent les erreurs de psychologie commises par elle, l’incompréhension dont elle a fait preuve en Alsace dépasse encore ses méprises accoutumées. Elle a vécu quarante-huit ans auprès de vous, elle a, pour reprendre le mot de Frédéric II, chargé ses pédants de démontrer, après coup, que ses prétentions sur vous étaient légitimes; elle a fouillé les archives et discuté sur les textes pour essayer de vous envelopper dans sa parenté; elle a trouvé des scribes assez serviles pour agenouiller l’histoire devant elle et pour donner à un paradoxe éhonté un masque scientifique; elle s’est installée chez vous le casque en tête et les bottes aux pieds; elle a préposé à votre surveillance la police et la gendarmerie prussiennes; elle vous a soumis, pendant un temps, au régime des passeports, à la dictature et à la terreur; elle a tâché de modeler vos intelligences par ses écoles et de transformer vos mœurs dans ses casernes; elle a pris vos enfants pour les élever dans la haine de la France et dans le mépris de la liberté ; elle a espionné vos paroles et vos pensées ; elle a multiplié contre vous les poursuites et les condamnations; elle a réduit cinq cent mille des vôtres à quitter leur terre natale; lorsqu’elle a vu que ses menaces n’avaient aucune prise sur vous, elle vous a fait l’injure, plus basse encore, de vouloir vous séduire et vous acheter; elle a cherché à vous attirer par le mirage de nouveaux droits politiques ; elle s’est efforcée de vous plaire par des générosités ostentatoires et des largesses intéressées; et, à mesure qu’elle espérait vous atteindre et vous retenir, elle s’apercevait que vous lui glissiez dans les mains. L’autre jour, quand elle partie, en claquant un peu les portes, elle s’est retournée pour jeter un dernier coup d’œil sur la maison qu’elle avait habitée et qu’elle croyait avoir décorée à l’allemande. Elle a été toute confuse d’y voir flotter les couleurs françaises.

Ce que l’Allemagne n’a pas compris, c’est que la liberté humaine n’est pas à la merci de la force et qu’on ne détruit pas l’âme d’un peuple comme la bibliothèque de Louvain ou la cathédrale de Reims. Il y a, dans une nation, d’autres principes de vie que la forme du gouvernement, la loi, le sol héréditaire, la langue elle-même; et ces principes de vie sont, avant tout, la communauté des traditions et la volonté de maintenir la patrie.

Quoi que l’Allemagne ait affecté de dire, les traditions de l’Alsace sont celles de la France. Germani trans Rhenum incolunt. La parole de l’historien latin n’a pas cessé d’être vraie. Avant le traité de Westphalie, l’Alsace a pu être rattachée par un lien nominal à l’empire germanique. C’est toujours sur la rive gauche du Rhin que son cœur a battu.

Le Saint-Empire était, du reste, une construction artificielle qui ne ressemblait en rien à un peuple homogène. La seule nation à laquelle ait jamais appartenu l’Alsace, c’est la nôtre; c’est celle qui s’est successivement appelée la Gaule celtique, la Gaule romaine et la France. Lorsque l’Alsace s’est fondue au sein de la France monarchique, elle est simplement rentrée, sans effort, dans la nature et la vérité.

La Révolution française a parachevé le chef-d’œuvre d’unité nationale qu’avait peu à peu réalisé la royauté avec la collaboration des siècles. L’esprit d’égalité et de liberté a aussitôt enflammé l’Alsace comme le reste de la France indivisible, suivant le mot de Merlin de Douai: « Le peuple alsacien s’est uni au peuple français parce qu’il l’a bien voulu. C’est sa volonté, seule qui a ou consommé ou légitimé l’union».

Cette volonté a persévéré sous le Consulat, sous l’empire,sous la Restauration, sous la monarchie de Juillet, sous la République de 48, sous le second empire. Elle est restée la même sous tous les régimes ; pas une heure elle n’a faibli. D’âge en âge, au contraire, elle est devenue plus profonde et plus ardente, et lorsque vous êtes tombés au pouvoir de l’étranger, c’est elle encore qui a soutenu vos courages.

Il n’est pas dans toute l’histoire de l’humanité de pages plus tragiquement belles que les tristes annales de l’Alsace et de la Lorraine depuis l’attentat commis en 1870 par l’Allemagne prussianisée. Cette revendication de vos droits éternels, que vos élus à l’Assemblée de Bordeaux avaient formulée en termes d’une beauté antique, vous l’avez renouvelée, sous toutes les formes, depuis le jour où le destin vous a trahis. Vous l’avez renouvelée au Reichstag, vous l’avez renouvelée dans vos délibérations locales, vous l’avez renouvelée dans vos œuvres artistiques, dans votre presse, dans vos conférences, dans votre théâtre; et lorsque le crayon, la plume ou la parole vous étaient retirés, vous l’avez renouvelée, plus impressionnante et plus grandiose encore, dans ce silence fier et dédaigneux que vous avez opposé, jusqu’au bout, à toutes les tentatives allemandes de conquête morale, et dans lequel vos oppresseurs entendaient gronder les protestations incoercibles de votre patriotisme bâillonné !

Aujourd’hui, tout l’appareil de mensonge et de haine savante que l’Allemagne avait aménagé pour cacher au monde l’inanité de ses efforts et la persistance de vos sentiments s’est lamentablement effondré. Vous êtes sauvés, vous êtes libres, et demain, vous serez redevenus Français.

Chère Alsace, qui a tant manqué, depuis quarante-huit ans, à la patrie mutilée ; douce Lorraine, que le traité de Francfort avait déchirée et morcelée, vous voici toutes deux, pour toujours, rentrées au foyer de vos ancêtres. A l’avenir, lorsque nous entendrons l’écho de vos jolies chansons, lorsque nous verrons dans nos fêtes désormais plus lumineuses reparaître le costume pittoresque de vos jeunes filles, nous n’éprouverons plus ce serrement de coeur que provoquait en nous le passage des noirs souvenirs. Chassons maintenant les fantômes du passée Alsace, l’avenir t’appelle et te sourit! Avec nous, tu travailleras bientôt à la prospérité de la France et à ton propre bonheur, qui sont et resteront inséparables. Dans les Chambres françaises, tes représentants feront librement entendre au Gouvernement de la République les vœux de tes populations laborieuses. Sois assurée que la France entourera de sa plus vigilante sollicitude ses enfants retrouvés. Avec :nous, tu méditeras les les grandes leçons de cette guerre et, comprenant la nécessité permanente de l’union nationale, tu nous aideras à nous approcher de plus en plus de l’idéal de justice et d’humanité que la France a toujours eu devant ses yeux clairs.

Avec nous, aussi, tu te rappelleras que nous avons chèrement payé ton retour à la demeure maternelle. Des centaines de mille de Français sont tombés sur les champs de bataille pour que se reconstituât l’intégrité de la patrie. Avec nous, Alsace, tu honoreras la mémoire de nos morts, car, autant et plus que les vivants, ce sont eux qui t’ont délivrée.

[1] « Le Gouvernement impérial accuse réception de l’information de la constitution d’un Conseil national et lui souhaite un bon succès dans l’administration du pays. Signé Friedrich Ebert (Chancelier) & Hugo Haase, président de l’USPD »

[2] Freiburger Zeitung, 29 décembre 1918

« L’accueil de Poincaré à Strasbourg, interprété par la presse française comme une dévotion enthousiaste du peuple alsacien envers la France, n’était en réalité qu’une mascarade habilement mise en scène pour tromper les étrangers. Il est bien connu que l’importante participation de jeunes en costume alsacien a été évoquée comme une preuve particulière du consentement de la population rurale à rejoindre la France. Le peu de participation des paysans à l’accueil et aux fêtes est attesté par la nouvelle suivante, à savoir que seuls six villages paysans étaient représentés par délégation à Strasbourg et qu’ils ne s’y étaient rendus que parce qu’ils n’avaient pas fui les troupes françaises, et craignaient à présent  les représailles du gouvernement français. Bien sûr, l’argent a également joué un rôle. Chaque fille de fermier recevait 10 marks par jour; pour le reste, les filles, qui devaient présenter la paysannerie alsacienne dans de faux costumes fantaisistes souvent assez ridicules, venaient soit des milieux bourgeois de la ville de Strasbourg, soit de villes françaises. Il a été rapporté que 500 Françaises avaient été amenées de France et costumées à cet effet, et la presse française a écrit ceci : « Le plébiscite, le voila ». Le fait que les Français aient besoin d’utiliser de telles méthodes montre encore une fois que les sentiments de la majorité des Alsaciens ne vont nullement du côté de la France et qu’une stabilisation de la situation politique du pays sans plébiscite préalable impliquerait un viol sans précédent de la population. » (W T B)

[3] Journal officiel du 10/12/1918

2 commentaires sur “9/12/1918 : Visite de Poincaré à Strasbourg

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  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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