1872-1914 : Francisation de l’Alsace welsche

Curieusement, c’est l’Empire allemand qui a francisé l’Alsace welsche (Fréland, Lapoutroie Orbey) en instaurant l’école obligatoire. Les habitants parlait un patois roman : le welsche.

Le National Tidende du 8/7/1924 a reproduit in extenso une « lettre de France » du rédacteur en chef M. A. Svensson à son journal slesvigois, le Haderslev Stiftstidende. La lettre, dernière d’une série d’un voyage en France, traite du problème scolaire en Alsace-Lorraine et le journal nationaliste de Copenhague la fait précéder d’un sous-titre explicatif sur « la possibilité d’un Kulturkampf dans les provinces reconquises».

Le français dans les écoles d’Alsace-Lorraine avant la guerre.

Le journaliste slesvigois a déjà étudié la question scolaire en Alsace-Lorraine avant la guerre et par comparaison avec la situation en Slesvig il avait déjà eu « l’impression que même si le travail de germanisation avait été poussé très systématiquement aussi dans les écoles, néanmoins dans les parties du pays parlant le français, les autorités allemandes avaient procédé avec beaucoup plus de prudence que dans la partie danoise du Slesvig». Il tient ses renseignements d’un instituteur alsacien qui était avant la guerre dans une vallée vosgienne de langue française.

Témoignage d’un instituteur

« Dans la première année scolaire on, n’apprenait qu’à lire en français. Le premier livre de lecture était français. Parallèlement il y avait des exercices oraux en allemand. En calcul on enseignait que les rudiments en allemand, tandis qu’en revanche l’enseignement religieux n’était donné qu’en français pendant toute la durée des années d’école. La 2e année scolaire on continuait à lire du français et, en outre, les enfants recevaient leur premier livre de lectures allemandes.

En 3e et 4e années on continuait par le livre de lectures françaises : 2e cours et par le livre de lectures allemandes: 2e cours. Mais, en même temps, tout l’enseignement sauf les 4 heures par semaine d’instruction religieuse et les 3 heures de lectures françaises était passé aux classes en allemand.

Les 4 dernières années scolaires conservaient les 4 heures d’instruction religieuse en français, heure de grammaire française et heure de composition française, en tout 6 heures par semaine. Ce règlement, dont la population était relativement contente, ne fut modifié qu’à la guerre : alors l’enseignement du français fut supprimé d’un seul coup. »

Illustration : Procession du 15 août à Lapoutroie

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