Convocations par la Gestapo

Convocation par la Gestapo, Geheime Staatspolizei.

Durant la guerre de 1939/1945, les Alsaciens et Mosellans vivaient dans un régime de terreur. Une convocation par la Gestapo, police secrète d’État, était une source d’angoisse pour les familles. Tout le monde connaissait quelqu’un qui avait disparu, ou était revenu amaigri, muré dans le silence, après un séjour en camp de rééducation.

Mise en service du camp de redressement Sicherungslager Vorbruck-Schirmeck.

C’est un camp destiné aux réfractaires au régime nazi, mais aussi à leurs familles, en représailles en cas de désertion. Il était destiné aux Alsaciens et Mosellans et bien sûr aux allemands résidant en Alsace-Moselle. Les détenus, hommes et femmes y travaillaient durement, sous les coups et les brimades.

1/05/1941 : Mise en service du camp de concentration KL- Natzweiller (Struthof)

Situé près du camp de rééducation de Schirmeck, le KL-Natzweiller est construit sur l’ordre de Himmler. Ce camp accueillera environ 52.000 déportés dits asociaux et pour motifs raciaux, dont près de 22.000 périront  des suites de sévices graves : malnutrition, travaux forcés, tortures, exécutions, expériences médicales…

8/05/1941 : Reichsarbeitsdienst (RAD) ou Service national du travail.

Les Alsaciens-Lorrains des deux sexes, âgés de 17 à 25 ans, ont obligation de travailler plusieurs mois en Allemagne, pour remplacer à l’usine ou à la ferme, les hommes mobilisés au front. Les Alsaciens-Lorrains ne sont pas prisonniers, ils ont un statut de travailleur salarié, et logent à la ferme, en pension dans des hôtels réquisitionnés, ou chez des particuliers. En dehors des heures de travail, ils circulent librement dans le Kreiss en Allemagne. La vie pour de nombreuses femmes était beaucoup moins agréable, elles vivaient dans des camps à la discipline militaire. En cas d’absence, l’employeur a ordre de prévenir la Gestapo qui se rend chez le logeur pour vérification. En cas de disparition, la famille en Alsace-Moselle est convoquée par la Gestapo.

 

 Trois convocations par la Gestapo : trois réactions très différentes.[1]

  • Etienne, âgé de 14 ans, chante la « Marseillaise » le 14 juillet 1942 devant le monument aux Morts de son village, il est dénoncé par un voisin puis arrêté par la Gestapo. Sanction : incarcération au camp du Struthof puis transfert à Dachau durant le reste de la guerre. Libéré par l’armée américaine, Etienne meurt d’épuisement quelques mois après son retour en Alsace. [2]
  • La Gestapo trouve à la préfecture une demande de naturalisation d’un citoyen allemand dans laquelle est écrit : « J’aime la France » Sanction : Neuf mois de séjour de rééducation au camp de Schirmeck.
  • Heinrich, germanophone, est convoqué par la Gestapo parce que son fils qui travaillait pour le Reichsarbeitsdienst en Allemagne près de la frontière suisse, a disparu. Heinrich se fâche : « Comment, mon fils de 17 ans a disparu ? il est mineur, vous êtes responsables et devez me le retrouver… Je n’ai jamais vu ça quand j’étais dans l’armée allemande, durant la dernière guerre ». Sanction : aucune. On lui a promis de retrouver son fils.

[1] Archives familiales

[2] Rapatriement à Colmar : Fiche n° 0.275.037 D

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