La République française, ennemie des langues ancestrales

RAPPORT GRÉGOIRE (extraits)
Sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois, et d’universaliser l’usage de la langue française. (16 prairial An II)

Il n’y a qu’environ quinze départements de l’intérieur où la langue française est exclusivement parlée. Encore y éprouve-elle des altérations sensibles, soit dans la prononciation, soit par l’emploi de termes impropres et surannés…

Au nombre des patois, on doit placer encore l’italien de la Corse, des Alpes-Maritimes, et l’allemand des Haut et Bas-Rhin, parce que ces deux idiomes y sont très dégénérés.

Enfin les Nègres de nos colonies, dont vous avez fait des hommes, ont une espèce d’idiome pauvre comme celui des Hottentots, comme la langue franque, qui, dans tous les verbes ne connaît guère que l’infinitif.

C’est surtout vers nos frontières que les dialectes communs aux peuples des limites opposées, établissent avec nos ennemis des relations dangereuses, tandis que dans l’étendue de la République tant de jargons sont autant de barrières qui gênent les mouvements du commerce.

Le 14 janvier 1790, l’Assemblée constituante ordonna de traduire ses décrets en dialectes vulgaires…
Cependant, j’observerai que, si cette traduction est utile, il est un terme où cette mesure doit cesser, car ce serait prolonger l’existence de dialectes que nous voulons proscrire…

RAPPORT BARERE (extraits)
Projet de décret présentés au nom du Comité du Salut public
sur les idiomes étrangers & l’enseignement de la langue française. (8 pluviose An II)

Le pouvoir de l’identité du langage a été si grand qu’à la retraite des Allemands, plus de 20 mille hommes des campagnes du Bas-Rhin sont émigrés. L’empire du langage & de l’intelligence qui régnait entre nos ennemis d’Allemagne & nos concitoyens du département du Bas-Rhin est si incontestable, qu’ils n’ont pas été arrêtés dans leur émigration par tout ce que les hommes ont de plus cher, le sol qui les a vus naître, leurs dieux pénates & les terres qu’ils a voient fertilisées. La différence des conditions, l’orgueil a produit la première émigration qui a donné à la France des milliards ; la différence du langage, le défaut d’éducation, l’ignorance ont produit la seconde émigration» qui laisse presque tout un département sans cultivateurs. C’est ainsi que la contre-révolution s’est établie sur quelques frontières en se réfugiant dans les idiomes étrangers ou barbares que nous aurions dû faire disparaître.

Le fédéralisme & la superstition parlent bas-breton; l’émigration & la haine de la République parlent allemand; la contre-révolution parle l’italien, & le fanatisme parle le basque. Brisons ces instruments de dommage et d’erreur.

Laissons la langue allemande, peu faite pour des peuples libres, jusqu’à ce que le gouvernement féodal ou militaire, dont elle est le plus digne organe, soit anéanti.

Un commentaire sur “La République française, ennemie des langues ancestrales

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  1. Voilà sur quoi est bâtie la république française ! Comment encore s’étonner de la quasi non-reconnaissance de nos langues …

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