1926 : Manifeste contre les autonomistes

La fondation du Heimatbund (mouvement de défense de la Patrie), ainsi que la proclamation de son Manifeste, signé par 102 personnalités alsaciennes au printemps 1926 est un pavé dans la mare des germanophobes.

(Le Heimatbund exige l’autonomie et le bilinguisme ainsi que le maintien de la langue ancestrale : l’allemand).

Le Gouvernement français de Laval engage des poursuites contre les signataires du Manifeste du Heimatbund. Toutes les mouvances germanophobes : l’Action-française, l’extrème droite antisémite, les royalistes, les militaires, les anciens combattants, le Souvenir français sont liguées contre les autonomistes alsaciens.

26 juin 1926 : Un nouveau manifeste contre les autonomistes.

 « Les Associations soussignées dont les membres professent les opinions politiques ou religieuses les plus diverses mais se trouvent, en dehors de toute question politique, étroitement unies dans l’amour de la France et dans la ferme volonté de combattre tout ce qui peut porter atteinte à son unité et à sa grandeur. Considérant que le manifeste dit « autonomiste» est l’expression haineuse d’accusations outrées et mensongères. Considérant que les revendications de quelques ignorants et quelques orgueilleux, liés de notoriété publique à la cause allemande, ne sauraient se dresser en face de plusieurs siècles d’histoire. Considérant que leur intention de demeurer « dans le cadre de la France » n’est qu’une grimace hypocrite dissimulant des tendances nettement séparatistes. Rappelant les sacrifices de ceux qui sont morts au cours de deux guerres, de ceux qui ont souffert dans leur chair, dans leurs affections, dans leurs biens pour une Alsace française. Rappelant encore les souffrances des Alsaciens au cours de l’occupation allemande. Estiment que là sont les véritables martyrs de la cause alsacienne. Approuvent le gouvernement d’avoir, après une trop longue patience, commencé la répression d’une criminelle propagande antinationale.

L’engagent à continuer à châtier impitoyablement ceux qui, émargeant au budget des administrations publiques, n’ont pour objectif que de nuire à la France et dont l’attitude antifrançaise est incompatible avec les loyaux services que la nation est en droit d’exiger d’eux. Demandent l’ouverture d’une enquête sévère sur l’organisation de la propagande anti-française et sur l’origine des fonds qui alimentent ses moyens d’action et que soit définitivement jugulée cette entreprise de trahison.

Les Vétérans de 1870 – Les Médaillés militaires (339ème Section) – Les Anciens légionnaires – L’Union nationale des combattants – Les Engagés volontaires – L’Association amicale des officiers des réserves et en retraite de la région de Mulhouse – Les Diables bleus – Le Souvenir français ».[1]

[1] Action Française du  26.06.1926

27 juin 1926 : Manifestation germanophobe devant la statue Kleber à Strasbourg

Grâce  à l’intervention du maire Peirotes, l’Action française a pu utiliser l’immense halle de l’ancienne gare, avant l’assemblée générale de l‘UPR du 4 juillet. L’Action Française est persuadée que sa manifestation fera reculer l’autonomisme en Alsace :

« L’intervention des royalistes — disons au moment psychologique — retint l’UPR de rouler dans l’abîme autonomiste. C’est seulement plus tard qu’apparaîtra toute la signification et que se révèlera l’immense portée de l’entrée en scène de l’élément royaliste pour l’idée française en Alsace ».

Sont présents Léon Daudet (monarchiste, directeur politique avec Maurras, à l’Action Français et ancien député) et Paul Gerber, rédacteur local au National. Le service de protection est assuré par les Camelots du Roy qui font le coup de poing avec la police.

Extrait du discours de Gerber :

« Avec la plupart des Alsaciens, nous sommes, contre le chauvinisme bochisant de la Zukunft et du Heimatbund. Nous sommes Alsaciens fervents pour mieux être Français. L’orateur prouve ensuite que la campagne de l’autonomie a été dirigée par le Grand-Orient de Francs, de concert avec le ministère des Affaires étrangères du Reich et la juiverie de la Société des Nations. Alsaciens-Lorrains. dit-il en terminant, soyez unis contre cette énorme entreprise qui est au service du Juif et de l’étranger, qui veut vous détacher de la patrie, et criez tien haut : « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine ».

Conclusion de Léon Daudet :

«  Peuple d’Alsace et de Lorraine, nous venons ici vous apporter au nom de l’Action française la promesse que nous renverserons la démocratie et la République pour assurer la défense de vos droits et de vos libertés, ainsi que ceux de tous les Français. Nous vous jurons de ramener le libérateur, Monseigneur le Duc de Guise, héritier des quarante rois qui ont fait la France. Vive l’Alsace. Vive la Lorraine ».[1]

 

[1] Action française du  28.06.1926

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :