Gottlieb Konrad Pfeffel von Krigenstein

Gottlieb Konrad Pfeffel von Krigenstein (1736-1809), né à Colmar, est le fils de Johann Konrad Pfeffel von Krigenstein, originaire de Mundingen (Pays de Bade) et de Anna Catharina Herr de Colmar.

Sous l’Ancien Régime, les Alsaciens portaient pratiquement tous des prénoms allemands. Avec la création de l’État-civil en 1793, les Révolutionnaires ont francisé tous les prénoms étrangers. De ce fait, Pfeffel est prénommé « Amédée Conrad » sur son acte de décès, et « Théophile Conrad » sur son monument colmarien.

Pfeffel, poète renommé de langue allemande, faisait partie de l’Aufklärung, le Mouvement des Lumières allemandes. Certains de ses textes ont été mis en musique par Beethoven comme :

En 1773, Pfeffel fonde une école destinée aux garçons de la noblesse luthérienne de Colmar. Nommée Académie militaire, on y enseigne les mathématiques, l’histoire, la musique, l’escrime et l’équitation. Sous l’ancien Régime, les enfants des nobles protestants étaient indésirables à l’Académie royale de Paris.

En 1859 , le sculpteur Andrea Friderich réalise une statue en l’honneur de Pfeffel, dont une copie en bronze est érigée devant le musée Unterlinden de Colmar.

En 1917, des commissions composées de notables et de militaires font le tour des villes allemandes afin de récupérer des statues en bronze destinées à fabriquer des canons. À cause de sa célèbre statue de la Liberté, il est difficile de déboulonner des œuvres de Bartholdi, sans créer un scandale à Colmar et dans le monde. Bartholdi a réalisé des œuvres pleines de sensibilité comme le Petit vigneron et des statues sans âme de style pompier comme celles de Rapp et Bruat.

Finalement la Commission se rabat sur la statue du poète Pfeffel qui est sacrifiée au profit de celles des sabreurs colonialistes Rapp et Bruat. Les patriotes francolâtres colmariens exultent, pour eux Pfeffel est un Schwob, un Souabe. « Daa Pfeffel kenne se namme, ar esch doch e Schwob ».

Pour certains Alsaciens imbus de leur supériorité, les Allemands sont tous des Schwob. Parfois ce sobriquet est injustement traduit par  »Boche » qui est une insulte raciste.

Les Alsaciens sont eux-mêmes des Schwob, (Schwaben en allemand) puisqu’ils faisaient partie du duché de Souabe. Les Schwowebredle, sont les petits gâteaux emblématiques des Noëls alsaciens.

En 1918, la statue du poète Pfeffel est démontée pour être fondue. Celles de Rapp et Bruat, seront déboulonnées en 1940 par les Nazis pour des raisons politiques.

En 1927, Karl Geiss réalise une copie de la sculpture originale en grès des Vosges. La statue est visible Grand-rue, dans le jardin à côté du tribunal.

Textes gravés dans le socle

Tu es la sagesse, je dois te choisir

Ô Vertu, tu es une divinité dans les âmes

Viens École de la Vérité et des Délices éternels

Sois mon soleil

Je n’ai jamais menti à un sentiment

Je n’ai jamais pensé autrement que ce que j’écris,

Et si une folie m’a trompé

C’est parce qu’il me semble être la vérité

Un commentaire

  1. Le problème, scandaleux, existe encore en France. Nous vivons encore cette abomination au pays dit « Des Doits de L’homme » . Voir et faire connaître aux Alsaciens le film consacré à la famille LE GOARNIG, une famille amie, persécutée par le pouvoir français totalitaire. On a peine à croire de telles abominations, car les Bretons ne sont pas davantage des « Français » que les Alsaciens : leur identité est plus ancienne que celle de leurs voisins. Merci de publier.

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