Le roi de France prend personnellement la tête d’une expédition en Alsace. Suite au rapport du duc de Navailles, commandant des troupes française en Alsace, Louis XIV ordonne de raser les murailles & fortifications des Villes Impériales du Zehnstädtebund
22 août 1673 : Coulanges et 600 cavaliers campent entre Colmar et l’Ill.
Inspection de Colmar par Coulanges en vue de la visite de Louis XIV. Coulanges fait ôter les canons des murailles. Ses soldats pillent les distilleries.
30 août 1673 : Inspection de Louis XIV en Alsace
28 août 1673 : Le Conseil de Colmar donne une réception en l’honneur de Louvois. Coulanges, à la tête de sept escadrons, pénètre dans la Ville et occupe tous les bâtiments publics, sous prétexte que le roi le demande.
29 août 1673 : Colmar est occupé par les troupes françaises de Coulanges.
A la suite d’un coup de main militaire, les portes, remparts et tours de la Ville sont démolis par des paysans acheminés du Sundgau. La ville est ouverte à la soldatesque et aux maraudeurs. Les bourgeois sont désarmés. Le magistrat est accusé de trahison. Colmar est inondé de troupes, écrasé par les réquisitions et la famine. Les bourgeois sont désarmés. Les armes et munitions sont volées et emportées à Breisach. Les plus pauvres sont obligés d’héberger jusqu’à sept militaires.
30 août 1673 : Désarmement de la ville de Colmar.
« Les bourgeois reçurent l’ordre de remettre à l’arsenal toutes leurs armes, épées ou mousquets, sous peine d’une amende considérable. L’artillerie de la cité comprenant quatre vingt treize pièces, les munitions, les approvisionnements en vin et céréales, tout ce qui se trouvait dans les greniers et le cellier de la ville fut inventorié et mis sous scellés, puis conduit à Breisach. M de Louvois qui les haïssait cordialement et qui avait organisé toute cette surprise et d’autres grands seigneurs logeaient chez les principaux habitants. Plus d’un homme avait six à huit garnisaires dans sa maison, voire davantage, qu’ils étaient obligés de nourrir à leur fantaisie ». (Walter Jacob)
Ruine de la ville de Colmar :
Mais ce n’était pas encore assez, et peu après, ils ont commencé à ruiner les forêts et les fossés, en jetant les belles tours et la porte de la ville dans les fossés, et en utilisant pour cela un procédé spécial, en faisant appel à un ingénieur qui pouvait en peu de temps transformer une tour entière en un seul repas, et remplir ainsi un fossé. En résumé, cette belle ville de Colmar a été tellement détruite en 8 ou 10 jours qu’on ne la connaît plus, elle est ouverte comme un village, tous les fossés sont remplis. Et tout cela sans raison et par sa faute, même plus que si elle avait été prise à l’épée. Ah, Dieu du grand malheur ! En plus de cela, ils ont dû tenir en garnison 32 campagnes (qui n’étaient certes pas très fortes) et donner de grosses sommes d’argent. La douleur est indescriptible.
9 septembre 1673 : Visite d’inspection de Vaubrun à Türkheim
Vaubrun vérifie l’avancement de la démolition des d’une partie des murailles de Türkheim. Il montre les endroits où trouer davantage. Mécontent, il menace de faire faire le travail par la troupe. Les maçons touchent huit Schillings par jour. Le troisième jour ils travaillent gratuitement à titre de corvée. Une amende est prévue pour les absents.
9 septembre 1673 : Désarmement des Bourgeois de Türkheim. Le Burgmeister Rappeneker et le Greffier Krafft sont convoqués à Breisach par Vaubrun qui les réprimande sévèrement, parce que lors de la remise des mousquets, la ville de Türkheim en avait recelé quelques uns.
Punition de la ville de Türkheim.
Les habitants sont obligés de loger et nourrir six-cents cavaliers des régiments français de Coulanges et Lützelburg. Les officiers s’installent chez l’habitant, la troupe campe entre les ponts. La Ville est contrainte de livrer à la troupe une ration quotidienne de 30 quarts d’avoine, idem aux officiers. Elle fournit aussi le pain et six bœufs.
Sur ordre du roi, les murs de toutes les Ville du Zehnstädtebund sont éventrés. Les bourgeois sont contraints de prêter main-forte aux démolisseurs.
1673 : Les Villes Impériales du Zehnstädtebund demandent protection à l’Empereur.
Les Villes ne sont pas du tout d’accord avec l’interprétation du Traité de Münster par le roi de France. Selon le Traité de Münster, Louis XIV est le vassal de l’Empereur et n’a qu’une fonction de préfet. L’abbé de Gravelle, ambassadeur et espion du roi de France, envoie ses rapports sur la tenue des Diètes (Landtag). « Outre les plaintes que l’Empereur venait de faire à la Diète, il y porta encore celles des principales villes de l’Alsace, qui s’étaient adressées à lui pour implorer sa protection. Pendant que cette Province était sous la domination de l’Empereur, Colmar, Schlestadt, Hagenau, Belfort, & quelques autres, s’étaient maintenus sous le titre de Villes Impériales, dans une si grande indépendance que le roi de France n’avait sur elles, à proprement parler, qu’un vain titre de protection… Depuis, cette Province étant passée sous la domination de la France, les Villes avaient continué comme auparavant, & la Cour de France avait négligé de les soumettre comme elles auraient dû l’être. On ne trouvait pas mauvais qu’elles eussent des Députés aux Diètes de l’Empire, du moins ne les inquiétions pas sur ce sujet, mais depuis quelque temps les choses avaient changé de face »
