1914 : Prise d’otages alsaciens

Dès son arrivée en Alsace par la trouée de Belfort et les vallées vosgiennes de Münster et Thann en août 1914, l’armée française s’attaque à la population civile. Plusieurs habitants de Thann dont le maire et le receveur des postes sont fusillés. Les Alsaciens sont tous suspects.

Communiqué officiel paru dans presse. (le Petit Journal le 15 août 1914)

La situation des citoyens du Land Elsaß-Lothringen ne correspond pas aux communiqués officiels diffusés dans la presse parisienne, racontant la joie des retrouvailles entre la population et l’armée d’occupation.
Plus de dix-mille Alsaciens mobilisables sont arrêtés et déportés en France souvent dans d’atroces conditions : enchaînés par quatre, coups de crosses, bains de foules haineuses, parfois simulacres d’exécutions, et lieux de détentions sordides.
Ensuite ce sont des Alsaciennes considérées comme  »boches » parfois accompagnées de jeunes enfants qui sont arrêtées.

Le Bulletin des Armées du 19/12/1914 publie : « C’était comme la consécration définitive de la victoire, la libération des populations que le malheur avait arrachées à la mère-patrie et que la vaillance de nos soldats replaçait sous la douceur de la loi française ».

La France décide quels Alsaciens ont droit au statut d’Alsacien

Le droit du sol en usage en France est remplacé par le droit du sang pour les Alsaciens. Tous leurs aïeux doivent être nés en Alsace ou en France depuis 1871. Il ne doit y avoir aucun mariage avec natif d’outre-Rhin depuis cette date. Avoir de la famille née outre-Rhin est une faute impardonnable.  
Cela ne suffit pas, les Alsaciens doivent aussi prouver leur amour pour le  »Pays des droits de l’Homme ». Des Alsaciens germanophobes notoires comme l’abbé Wetterlé se chargeront de leurs interrogatoires.
Des pressions seront exercées pour que les hommes s’engagent dans l’armée. Pourtant, la Convention de La Haye signée par la France interdit de forcer les Alsaciens à se battre contre leur patrie allemande.

La situation des Alsaciens-Lorrains en France

Quatre commissions vont établir la distinction entre les Alsaciens-Lorrains de sentiments français et les immigrés de tendance allemande La situation des Alsaciens-Lorrains en France a, dès le premier jour, vivement préoccupé, le gouvernement. Suivant les instructions données par le ministre de l’Intérieur, tous les Alsaciens- Lorrains qui se trouvaient en France au moment de la mobilisation et qui ont pu établir, soit par des pièces authentiques, soit par des répondants, qu’ils sont vraiment d’origine alsacienne ou lorraine, ont reçu un permis de séjour.

La question la plus délicate était de régler la situation de ceux qui à la suite de l’occupation par les troupes françaises ont été évacués d’Alsace-Lorraine soit comme otages, soit parce qu’en âge d’être mobilisés il était nécessaire de les soustraire à l’autorité allemande.

Il se trouvait, en effet, parmi eux des Alsaciens-Lorrains, d’origine et de sentiments français et des immigrés d’origine et de tendance absolument allemandes. Les ministres de l’Intérieur et de la Guerre ont désigné une commission chargée de procéder sur place à la sélection nécessaire et qui a déjà accompli une grande partie de sa tâche. Afin de régler, dans le plus bref délai, la situation des Alsaciens-Lorrains en France, le président du Conseil vient, en outre, de désigner plusieurs personnes qui sont, à tous points de vue, qualifiées pour établir la distinction nécessaire entre ceux qui, véritablement Alsaciens-Lorrains, doivent être dès maintenant assimilés aux Français et ceux qui doivent être considérés comme sujets allemands.

Ce sont MM. Wetterlé, Weill, Laugel, anciens députés d’Alsace-Lorraine ; Blumenthal, maire de Colmar : Helmer, avocat à Colmar : Châtelain, Wilmoth et Growel, originaires d’Alsace-Lorraine et représentant les sociétés d’Alsaciens-Lorrains.

Quatre commissions ont été ainsi constituées, qui vont opérer simultanément dans les lieux de dépôt qui restent encore à visiter. Ainsi, dans quelques jours, la situation individuelle de tous les Alsaciens-Lorrains en France sera, définitivement réglée.

Source : Le Petit Journal du 28/12/1914

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