1675: Turenne à Türkheim

Cet obélisque à la gloire de Turenne, orné d’une royale fleur de lys a été inauguré en 1932 par l’extrême droite française, avec le soutien du général Weygand qui a emprunté aux musée des armées des uniformes et des drapeaux d’époque. Il honore les hordes de barbares qui ont massacrés et violés les habitants de Türkheim. Officiellement ce sont des bébés emportés par une épidémie de grippe. Le maréchal Turenne fait partie du Roman national français. Modifier sa biographie sur Wikipedia est mission impossible, toute modification est rapidement supprimée.

En 1940, les obélisques de Türkheim et Sasbach (où a été tué Turenne) ont été dynamités sur ordre du Gauleiter, sa seule bonne action. En 1945, la priorité du général de Gaulle était leur reconstruction alors qu’une partie de la population vivait dans des caves et crevait de faim.

Il faudra attendre 1958 pour reconstruire le monument de Türkheim, les architectes ont perdu le plan. Pour mémoire, bernés par les royalistes avaient refusé de signer leur œuvre. Tout le monde connaît la suite, les Loups noirs ont détruit le monument en 1980 le monument a été reconstruit avec sa royale fleur de lys.

D’après le Roman national, en 1674, après une mémorable campagne outre-Rhin, Turenne aurait eu l’idée lumineuse de contourner les Vosges pour reconquérir l’Alsace en plein hiver. Avec ses troupes usées, ses chevaux faméliques, ses canons et ses chariots de munitions, il aurait franchi en plein hiver le col de Bussang haut de 730 mètres, (Encore aujourd’hui la chose est impossible sans chasse-neige). Ensuite, à l’insu de tout le monde, il aurait progressé le long des Vosges pour fondre sur Colmar et surprendre l’armée brandebourgeoise en repos. Après une victorieuse bataille, il aurait libéré Türkheim et chassé les Impériaux outre-Rhin.

La vérité est toute autre, en automne 1674, après avoir saccagé le Palatinat, Turenne a quitté l’Allemagne, poursuivi par les impériaux. L’arrière-ban envoyé en renfort par Louis XIV n’était d’aucune utilité. Ce sont des armées privées financées par des nobles français qui n’avaient aucune envie de perdre la vie en guerroyant. Ils attendaient tranquillement à l’abri du côté de Saverne le renvoi dans leurs foyers. Leur retour se déroule mal, Le carrosse du maréchal François de Créqui est attaqué au col de Saverne.

Les nobles français ne sont pas tous rentrés dans leurs châteaux, attaqués maintes fois par les armées du Karl V duc de Lorraine.

Turenne, n’ayant aucune chance de rejoindre Paris, doit se résoudre à passer l’hiver en Lorraine avec son neveu grièvement blessé et son armée famélique. Il longera les Vosges côté lorrain jusqu’à Belfort où le roi lui enverra des troupes fraîches.

Son avancée vers Colmar était maintes fois signalée, des émissaires seront envoyés à Türkheim pour demander au Bourgmestre Rappenecker de trahir l’Empire. Celui-ci refusera et préviendra le Prince Friedrich Wilhelm von Brandenburg qui a pris ses quartiers d’hiver à Colmar.

Turenne est attendu de pied ferme, les murailles de la villes sont garnies de canons, une ligne de front de 7 kilomètres est établie au nord du Mühlbach.

Turenne attaquera le 5 janvier 1675 selon le calendrier grégorien, le 25 décembre 1674 à Colmar, ville luthérienne qui utilise le calendrier Julien. Le combat ne durera que quelques heures l’après-midi jusqu’à la tombée de la nuit. Le combat cessa faute de combattants.

Turenne est un vieillard de 63 ans, épuisé et malade il se couche sur des manteaux. Son armée bivouaque sur place.

 Wilhelm von Brandenburg suivi de son armée rejoint sa femme à Schlestadt, avant de prendre la route pour chasser les Suédois de sa principauté. Il est suivi de loin par quelques soldats qui s’assurent qu’il a bien traversé le Rhin.

Pour se venger de l’affront du Burgmeister Rappenecker, Turenne livre Türkheim à un régiment de dragons qui commencent par se saouler dans la cave de l’abbaye de Münster. La ville est pillée, de nombreuses femmes sont violées, mutilées en cas de résistance, certaines enceintes sont éventrées, les maris qui protestent sont passés au fil de l’épée.

La boucherie durera près de sept semaines. Une partie de la population réussit à s’échapper par les brèches des murailles faites quelques années auparavant par l’armée française. Les registres paroissiaux dénombrent de nombreux décès tout au long de l’année : 150 à Türkheim plus d’une centaine à Colmar.

Le lendemain, Turenne occupe Colmar. Malvenu il loge dans la meilleure auberge « Zum Schwarzenberg » tandis que le Prince de Brandenburg est reçu avec les honneurs dus à son rang. Les habitants sont obligés d’héberger et nourrir de nombreux militaires qui exigent des cadeaux, du plus haut gradé au dernier des soldats. Les chroniques colmariennes parlent de nombreux viols. L’occupation durera plusieurs mois.

Turenne a été tué le 27 juillet 1675, à Sasbach en Bade, par un boulet de canon qui a aussi arraché le bras du commandant Saint-Hilaire. Pour le Roman national, un simple artilleur allemand, n’a pas la capacité de tuer un maréchal de France. Un boulet tiré au hasard, aurait touché une branche de noyer qui en tombant, aurait fracassé Turenne. Un boulet est conservés au musée de Sasbach, un autre au musée des armées de Paris, le troisième s’est perdu dans l’herbe.

Turenne aurait libéré l’Alsace en 1675. En fait c’est l’inverse, l’Alsace a été libérée de Turenne par l’artilleur impérial Koch.

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