1915 : Lettre d’un Poilu enragé

Dès la déclaration de guerre, l’armée française envahit le Land Elsaß-Lothringen par les Vosges et la trouée de Belfort. Le grand plaisir du Poilu Henri Aubertin est de massacrer nos compatriotes Feldgrauen dans le Sundgau et d’en faire profiter sa famille dont son jeune fils Lulu.

Ce courrier, échappé à la censure, devrait être lu devant les monuments aux morts d’Alsace, à la place des lettres larmoyantes de Poilus prétendus libérateurs. 

Sur le front le 13 mars 1915

Chère cousine et cher cousin

J’ai reçu votre lettre hier 12 mars et je vous en remercie de me donner de vos nouvelles. Je vois que vous pensez à moi. Moi je suis toujours en très bonne santé. J’espère que ma carte vous trouvera de même. Je vous dirai aussi que la correspondance va peut-être arrêter pendant 30 ou 40 jours. Et cela va peut-être commencer vers le 20 mars car nous allons toper sur, vers le printemps tant mieux que que cela finisse avec cette maudite guerre. Car je vous assure que c’est rudement long. Car voila le 219 ème jour de guerre.

Nous avons encore fait du beau travail pendant cinq fois les boches ont attaqué et cinq fois repoussé il fallait voir comme ça tombait. Les uns sur les autres, comme des mouches. Ils ont encore laissé 800 à 900, mais plus on en tue plus il y en a, c’est comme des fourmis. Enfin il faut espérer que nous aurons la fin de ces maudits teutons qui massacrent des pauvres petits innocents car c’est gens-là n’ont aucune pitié. Son pas de grâce. (sic)

Voila quatre jours que nous ne tirons plus un coup de canon, cela nous fait un peu de bien car l’on se repose un peu. Mais vivement que l’on reprenne pour le grand coup et espérer que ce sera le bon coup final.

Cette douane a été bombardée par nous, dès le début de la guerre en partant sur le front.

Mon petit Lulu est toujours très gentil. Il parait qu’il demande toujours après moi et quand on lui demande où je suis, il répond que je tue des boches.

Maria va toujours très bien. Je vous enverrai une lettre d’ici quelques jours. Pour la correspondance ce n’est pas encore officiel donc je continuerai à vous écrire.

Je vous embrasse bien de tout cœur. Votre cousin Henri Aubertin

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