1978 : Lettre au maire de Large-Rivière

le 8 juillet 1978, le Conseil municipal de Breitenbach (67) décide de franciser certains toponymes historiques de la commune. Quelques jours plus tard, les panneaux à l’entrée de la commune indiquent « LARGE RIVIERE » 

Lettre au maire de Large-Rivière 

Journal de Genève du 11 novembre 1978

Dans une lettre ouverte adressée au maire et au Conseil municipal de Breitenbach (qu’il appelle par dérision «Large-Rivière»), le directoire d’un groupe intitulé «Les nouveaux autonomistes » s’en prend à la décision, prise par ces autorités, de franciser le nom des rues de leur bourgade alsacienne. Les signataires de la lettre ouverte, datée de Turckheim, nous en ont fait tenir une copie:

Messieurs,

Quel plat de lentilles ou quelle médaille vous a-t-on promis pour que vous décidiez soudainement de sacrifier les noms alsaciens de certaines rues de Breitenbach ?Remplacer Balsberg, Suppendorf, Bàrenloch, Kriegersmatt et Fronenberg par rue des Alliés, des Peupliers, des Tilleuls, de la Grotte, de la Paix ou des Vosges, n’est pas seulement l’aveu d’un manque d’imagination, mais aussi la manifestation tristement exemplaire d’une volonté de couper les racines du peuple alsacien.

Balsberg, Suppendorf, Bàrenloch, Kriegersmatt, Fronenberg sont les dénominations qui remontent dans le plus lointain passé de Breitenbach. Les érudits et les animateurs de plusieurs sociétés d’histoire vous l’ont dit et répété. Vous êtes passés outre. Vous vouliez des noms «français», communs, inodores et sans saveur. Vous avez décidé souverainement et êtes restés sourds aux conseils, recommandations et demandes destinés à vous en dissuader. Vous venez de rayer d’un trait de plume un passé de plusieurs siècles.

Votre décision est une mauvaise action contre l’identité alsacienne. Car ces noms alsaciens ne sont pas qu’un morceau du passé de Breitenbach, ils sont aussi une part d’un héritage collectif qu’il ne vous appartient pas de brader. 

De Breitenbach, vous voulez, avec ceux qui vous inspirent, faire un exemple de «francisation». Vous vous trompez d’époque. L’heure n’est plus à la honte de nous-mêmes. Aujourd’hui, les Alsaciens et les Alsaciennes veulent rester ce qu’ils sont.

Michel Clo, Guy Jehl et Hans Zorn

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