Le platt, c’est phénoménal

LE REPUBLICAIN LORRAIN – 30/03/2015

société – deux brésiliennes invitées au festival mir redde platt

Le platt, c’est phénoménal

Dans le sud du Brésil, trois millions de personnes parlent encore couramment le platt. Un héritage de l’émigration allemande de la fin du XIXe siècle. Rencontre avec Solange Hamester-Johann et sa fille Rakuel.

PLATT

Solange Hamester-Johann et sa fille Rakuek parlent couramment le Platt. Normal, au Brésil, une importante communauté du sud du pays est encore à l’heure du francique. Photo C.D.G.

Ce n’est pas sur le terrain du football, mais sur celui de la culture que Solange Hamester-Johann et sa fille Rakuel sont venues passer quelques jours à Sarreguemines. Les deux Brésiliennes parlent couramment le platt. Un particularisme qui a titillé la curiosité des organisateurs du festival de platt qui les ont invitées pour trois jours à découvrir la cité des Faïenciers.

L’INTERVIEW

• Pourquoi des Brésiliens parlent le platt ?

« Dans les années 1870, des milliers d’Allemands ont migré vers l’Amérique. Une très grande majorité, pratiquement 90 % a choisi de s’installer dans le nord du continent. Si dans cette partie du continent, l’allemand s’est rapidement confondu avec l’anglais, cela a été plus difficile avec le portugais qui est une langue complètement différente. C’est pour cela qu’aujourd’hui encore, le platt est la langue principale de près de trois millions de Brésiliens, surtout dans le sud du pays. »

• C’est aussi une ouverture incroyable pour tous ceux de la région qui se battent pour préserver cette langue.

« Oui, mais pour nous aussi cet échange est important. Nous sommes ravis de pouvoir venir assister à ce festival. J’espère que l’année prochaine nous pourrons aussi y apporter notre contribution. »

• Concrètement, quelle est votre action pour la promotion du platt au Brésil ?

« Déjà je dois dire que chez nous on ne parle pas de dialecte, mais une langue officielle reconnue par l’État et l’Unesco. Il y a quelques années des linguistes se sont installés dans notre région pour étudier notre langue. Ils y sont restés quatre ans. C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé moi aussi à m’intéresser de plus près à une langue que j’ai toujours parlé naturellement depuis mon enfance. »

• Le physique de votre fille est plus germanique que brésilien !

« Oui les ancêtres de ma mère sont originaires de la région de Hersmeskeil, près de Trêve, et ceux de mon mari sont de Cochem, le long de la Moselle. Nous irons nous y promener à Pâques pour la première fois. Nous sommes vraiment ravis de découvrir toute cette région frontalière. »

• Dans votre région du Brésil, qui se situe dans le Sud, est-ce que les jeunes parlent aussi le platt ?

« Malheureusement c’est comme chez vous, de moins en moins, surtout dans les grandes villes. Je vois l’exemple de ma fille. Depuis que nous sommes revenus habiter à la campagne elle s’y est mise un peu par obligation car son petit ami parle le platt. Du coup, elle communique aussi par texto en platt. »

Propos recueillis par Claude DI GIACOMO.

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